En difficulté pendant trois quart-temps, l’Equipe de France a renversé la vapeur lors des dix dernières minutes pour s’imposer 80-72 face au Montenégro.

jeudi 15 août 2019 à 22:28 par

La préparation est sans doute une question de patience et de travail. Mais il faut finir par produire. Et l’Equipe de France a eu toutes les peines du monde à le faire pour son entrée dans le tournoi de Villeurbanne jeudi soir. L’Argentine et le Brésil ont offert à une Astroballe déjà pleine un festival offensif rafraîchissant et nécessaire tant la chaleur était insupportable dans l’étuve lyonnaise. Les Bleus, en revanche, n’ont pas récité le même basket et étaient tout heureux de rentrer aux vestiaires avec un débours de seulement 7 points (36-43), suite à un coup de chaud de Nicolas Batum de loin. Quelques secondes plus tôt ils pointaient à -13 après avoir encaissé un expéditif 0-14 en quatre minutes ! La pression appliquée par les arrières tricolores ne perturbait pas leurs vis-à-vis, Derek Needham transperçant le premier rideau français et les shooteurs monténégrins s’en donnant à cœur joie suite aux décalages générés par les drives ou les pick n’roll (6/9 de loin en première mi-temps).

Nando De Colo tentait à la reprise d’apporter du mouvement, des prises d’initiative, de l’agressivité, bref plus de jeu. Opération réussie, la France retrouvant l’espace d’un instant un peu de créativité. A peine le temps cependant de se réjouir d’un rapproché (44-45) que le Monténégro, appliqué et efficace grâce à l’alternance que lui procure la qualité de son jeu dos au panier, repartait de plus belle à la faveur d’un 2-10. Vincent Collet trouvait cependant en début de deuxième quart-temps un cinq qui allait renverser le match et faire monter dans les tours le volcanique Zvevdan Mitrovic. Frank Ntilikina et Axel Toupane en chiens de garde défensifs, Nicolas Batum et Evan Fournier en lévriers, Vincent Poirier en pivot. La combinaison idéale pour lâcher les chevaux, voler des ballons et enfin trouver des paniers faciles. L’Equipe de France affichait un tout autre visage et une nouvelle série (15-2), cette fois en sa faveur, la plaçait solidement en tête (68-61, 34e).

Les fautes de Batum et la fatigue de Poirier modifiaient l’alignement sur le terrain mais le momentum ne changeait pas de camp, grâce notamment à la réussite d’Axel Toupane. Blessé durant la première partie de la préparation, l’ancien joueur de l’Olympiakos sait qu’il a peu de temps pour gagner sa place pour la Chine. Il ne pouvait rêver de meilleurs débuts. Pendant ses 13 minutes sur le terrain les Bleus ont affiché un différentiel positif de +17 et sont allés chercher une victoire qui a longtemps semblée improbable, trouvant enfin de la réussite dans les tirs à la faveur d'une combinaison de patience et d'un rythme retrouvés.

France bat Monténégro  80-72

Les réactions

Nicolas Batum : "Nous sommes repartis dans nos travers en cherchant des solutions individuelles sans bouger le ballon. En deuxième mi-temps nous sommes revenus plus intenses en cherchant à les fatiguer et en jouant plus petit. Axel Toupane a fait une très grosse entrée et Frank Ntilikina n’a jamais arrêté de presser tout terrain. Il ne faut pas se satisfaire et se réjouir de ce résultat. Parfois on veut trop en faire défensivement et on se suicide en prenant trop de risques, ce qui génère des décalages. Autant faire ces erreurs maintenant. Il faut aussi dire qu’ils ont bien joué et qu’ils sont très bien coachés (il explose de rire). Sur jeu rapide on a des fusées, maintenant sur demi-terrain il faut savoir faire bouger la balle."

Vincent Collet : "Mon sentiment est mitigé. J’ai la satisfaction d’avoir fait un effort important dans le dernier quart-temps. Effort dans l’intensité défensif et dans la lucidité. En première mi-temps nous n’avons presque jamais fait défendre les Monténégrins. Nos prises de risque incessantes n’étaient pas couronnées de succès. Nous avons corrigé le tir avant de retomber dans nos travers. En refaisant des actions individuelles. La justesse nous a permis de gagner des ballons. C’est là  que le match se joue, avec en plus une adresse retrouvée. Avec Nicolas Batum en 4, Axel Toupane et Evan Fournier ont mené notre effort défensif. Il faut savoir s'arracher pour gagner. Il faut que l'on amène la balle à l'intérieur, il faut savoir donner la balle aux grands quand ils sont bien placés. C'est un moyen d'impacter l'adversaire. C'est un équilibre à trouver. La rigueur et la discipline, la solidité dans la structure c'est la réponse à la jeunesse de nos meneurs."

Premier match
En ouverture du tournoi de Lyon, Argentine et Brésil se rencontraient dans une rencontre qui n’avait d’amicale que le nom. Récitant un jeu léché, à la limite de la perfection, les deux équipes sud-américaines se lançaient dans un véritable bras de fer. Et si à 39 ans, Luis Scola faisait toujours étalage de son talent poste bas, ce sont bien les Brésiliens qui prenaient le match en main, notamment grâce aux assauts répétés de Bruno Caboclo. Propulsé poste 4, celui qui n’a toujours pas réussi à faire sa place dans la Grande Ligue faisait parler ses qualités athlétiques. Des qualités athlétiques que les Argentins n’avaient pas forcément en stock mais ceux-ci démontraient que le basket n’est pas seulement un sport basé sur le physique. Mené par leur général Facundo Campazzo et par l’adresse longue distance de Nicolas Lapprovittola, ils retrouvaient des couleurs au meilleur des moments. Cependant pas assez pour venir à bout de Brésiliens qui s’envolaient vers la victoire, bien aidés par un Benite des grands soirs qui réussissait plusieurs actions de classe.

Brésil bat Argentine 89-82