Appelé de dernière minute chez les Bleus, Petr Cornelie en a profité pour briller dans une salle d’Antarès où il a été formé.

dimanche 1 mars 2026 à 22:25 par Julien Guérineau

Il est très bien placé pour savoir qu’un appel de dernière minute peut déboucher sur le plus beau des cadeaux. En 2021, Petr Cornelie, initialement partenaire d’entraînement puis réserviste (blessure de Mathias Lessort) avait finalement été propulsé, à la surprise générale, dans le groupe final (blessure d’Amath M’Baye) pour les Jeux Olympiques. Il avait ramené une médaille d’argent de l’épopée tokyoïte, au sortir de la meilleure saison de sa carrière, lui ouvrant les portes du grand monde : Denver Nuggets pour une expérience de 13 matches NBA, Real Madrid (un titre d’EuroLeague sans participer au Final Four) puis de deux saisons à l’AS Monaco. "Right man at the right place at the right time" comme aiment à le dire les Américains. Même si les temps de jeu du Nordiste avaient été limités. "C’est toujours pareil : en Équipe de France, en NBA, au Real Madrid. Quand tu arrives, tu es émerveillé. Fier d’avoir l’opportunité de faire partie de ça", expliquait-il à propos de cette situation lors de son dernier passage chez les Bleus, en février 2025. "Avec le temps, ce sentiment s’estompe légèrement et tu te dis : ok, je ne suis pas là juste pour y être. Tu veux performer. Et tu peux ressentir la frustration de ne pas avoir la chance de jouer. C’est un équilibre à trouver. C’est humain de ne jamais être satisfait."

L’été dernier, à 30 ans, Petr Cornelie a donc fait le choix de rejoindre Esenler Erokspor, fraîchement promu en première division turque. Le choix des responsabilités donc, plutôt payant puisqu’il affiche 11,8 points et 6,7 rebonds de moyenne en 26 minutes dans le championnat local. Une production statistique qui lui a valu une place dans le groupe élargi des Bleus puis, à la faveur de la blessure de Mathis Dossou-Yovo à la Leaders Cup le week-end dernier, un appel de Frédéric Fauthoux. Un nouveau concours de circonstances qui lui aura été favorable puisqu’elle lui a offert l’opportunité de porter le maillot bleu à Antarès, une salle dont il connaît les moindres recoins. En quittant l’Alsace pour la Sarthe à 15 ans, cet intérieur mobile au shoot soyeux s’est peu un peu imposé comme l’un des meilleurs prospects français de sa génération. International chez les jeunes, drafté au deuxième tour en 2016, c’est en international qu’il a retrouvé sa terre d’adoption : "J’ai passé 8 ans ici, dont cinq avec les cadets et les espoirs. J’ai grandi ici, j’ai été formé ici. Cela représente quelque chose de grand pour moi. Chanter La Marseillaise devant Antarès, c’est énorme."

Il aura d’ailleurs eu toutes les peines du monde à s’extraire d’une salle énamourée, ne pouvant répondre à toutes les demandes de selfie et d’autographe du public manceau. Un public qui a vibré au deuxième quart-temps lors d’une séquence exceptionnelle ponctuée de deux alley-oops et d’un dunk de Cornelie. Trois paniers consécutifs en très haute altitude pour confirmer la supériorité athlétique des Bleus et pour signer son record de points et d’évaluation en sélection. "C’était une très belle soirée", souriait le principal intéressé avant de s’engouffrer, en famille, dans un bus pour Paris, avant un retour à Istanbul. "C’est toujours une immense fierté de rejoindre l’Équipe de France. Et cela vient avec un sentiment de mission. On n’est pas sélectionné pour faire de la figuration mais pour gagner. C’est ce qu’on a fait. Je suis comblé de gagner au Mans, c’est énorme pour moi."