Les Bleus, en deux temps, ont battu la Serbie au buzzer à Orléans (91-90) et aborderont dans les meilleures dispositions leurs deux rencontres de qualification à la Coupe du Monde 2027, jeudi et dimanche prochains. 

dimanche 23 août 2026 à 20:52 par Julien Guérineau

On ne se voit pas toujours offrir une deuxième chance. De séduire, de briller, de gagner. L’Équipe de France avait cette opportunité dimanche soir à Orléans, dans une salle à guichets fermés (10 131 spectateurs) et totalement sous le charme.

Frédéric Fauthoux avait effectué deux ajustements pour l’occasion, en choisissant d’aligner un effectif traditionnel de 12 joueurs (Nadir Hifi, Axel Bouteille et Yves Pons sont restés en civil) alors que Sylvain Francisco et Jaylen Hoard intégraient le cinq majeur. Tactiquement, le staff optait, en outre, pour placer Jaylen Hoard sur Nikola Jokic et malgré un déficit de centimètres et de puissance, l’intérieur du Maccabi Tel-Aviv donnait le ton en rendant la vie particulièrement difficile à Nikola Jokic (0/5 aux tirs pour débuter).

Offensivement, les Bleus trouvaient du rythme, un spacing plus efficace et une adresse extérieure qui les avait fuis à Belgrade. La recette du bonheur et un 12-4 expéditif pour combler de plaisir le public de CO’Met et forcer Dusan Alimpijevic à demander son premier temps-mort après à peine plus de trois minutes de jeu. L’écart enflera jusqu’à dix longueurs mais quelques balles perdues offraient aux Serbes la possibilité de trouver, sur jeu rapide, les paniers faciles qui leur permettaient de rester dans la course (23-19). L’excellente entrée en jeu de Timothé Luwawu-Cabarrot, libéré jeudi par le Real Madrid, et la capacité tricolore à trouver Victor Wembanyama près du cercle leur redonnaient cependant rapidement de l’air.

Le pivot des Spurs est une cible unique à des altitudes inconnues du commun des mortels. Ses coéquipiers passaient en revue toute une collection de alley-oops de pure beauté et le choc virait à la démonstration au milieu du deuxième quart-temps (49-30). En face, seul Jokic, malgré une certaine maladresse, parvenait à surnager. La superstar des Nuggets jouait pleinement son rôle de leader et rameutait ses troupes, bien plus dures et agressives au retour des vestiaires.

Cette fois, l’attaque tricolore était rendue muette tandis que Jokic débutait un impressionnant festival. Comme jeudi en Serbie, le troisième quart-temps s’avérait pénible et dans des proportions encore plus spectaculaires. -9 il y a 72 heures, -13 dans le Loiret. Disparue la fluidité, envolés les décalages, oubliées les passes lobées. Bloquée sur demi-terrain, la France voyait fondre sur elle des Aigles revigorés. Le cavalier seul se transformait en un duel incertain lorsque Dobric égalisait à huit minutes de la fin.

Le momentum avait clairement changé de camp et les Bleus semblaient sur le point de flancher (72-76) jusqu'à un triple éclair de génie de Sylvain Francisco, qui, en prime, provoquait la cinquième faute, offensive, de la peste Aleksa Avramovic. Trois-points, panier avec la faute puis passe décisive, le nouveau meneur du Panathinaikos renversait la tendance et faisait chavirer CO'Met.

Mais quelques choix contestables, une succession de fautes sur Jokic et une pénétration de Marko Guduric semblaient donner la victoire aux Serbes. Une remise en jeu rapide et un ballon lâché sur Jaylen Hoard offraient cependant au buzzer un succès de prestige aux Bleus. La France n'avait plus battu la Serbie depuis les Jeux de Rio en 2016. Et même si elle aura souffert à maintenir dans la durée son niveau de jeu, elle se dirige avec quelques certitudes vers les qualifications à la Coupe du Monde qui débutent jeudi, à Paris face à la Slovénie.